la marijuana

 

LE CANNABIS  (cannabis sativa indica) est mieux connu sous les 200 mots d'argot différents attribués à la marijuana et au haschich : pot,  joint, herbe, marie-jeanne, beu, shit, bunt, kif, tosh, hakik, ganja,  jaja, …

Importé au Canada principalement de la Colombie, du Mexique, de la Jamaïque et de la Thaïlande, le cannabis est également cultivé en serre hydroponique tant en Europe qu'en Amérique du Nord. 

Toutes les formes de cannabis sont des substances qui perturbent l'état d'esprit dû particulièrement au D9THC (delta-9-tetrahydrocannabinol),  l'un des  460  éléments chimiques  - stérols, terpènes, alcaloïdes, benzopyrène, etc., et une soixantaine de cannabinoïdes... - que compte le cannabis. Les cannabinoïdes peuvent être synthétisés chimiquement et trouvent des applications cliniques et thérapeutiques. À des fins médicales, on peut utiliser l'ingrédient actif de la marijuana, le THC, pour diminuer les vomissements des personnes ayant à subir un traitement de chimiothérapie contre le cancer. La concentration en D9THC varie suivant l'espèce et la partie de la plante qui est utilisée.

 

D'un plant de cannabis, trois produits sont dérivés :

LA MARIJUANA, (pot, joint, marie-jeanne, herbe, grass, ganja)  est composée des feuilles et des sommités fleuries de la plante - partie la plus riche en THC, souvent appelée «tête» ou «cocotte».  Sa couleur peut aller d'un vert grisâtre au brun verdâtre; sa texture ressemble à celle de l'origan ou du thé grossièrement haché. La substance renferme habituellement des graines et des tiges. Forte odeur.  

La marijuana est habituellement fumée en «joint», parfois mêlée à du tabac, ou simplement fumée à l'aide d'une pipe. La marijuana peut également être mangée  dans des recettes de pâtisserie  ou infusée comme du thé.  

La concentration du delta-9-tétrahydrocannabinol (D9THC)  de la marijuana varie généralement selon les conditions naturelles de culture de 0,5 à 4 %,  selon la partie du plant de cannabis 2  à 15%, et selon la sélection du produit. Le sinsemilla par exemple, aura une teneur variant entre 7 et 14 %. 

Comparativement aux années 1970 alors que les meilleures serres parvenaient à produire du cannabis ayant une teneur de THC de seulement 2%,  les récentes techniques de sélection de souches puissantes, les cultures en serre et hydroponique ont permis d'atteindre des concentrations en D9THC de  15 à 25 %.  Récemment, en Hollande, des sélections et manipulations génétiques ont permis d'obtenir des variétés très enrichies en produit psychoactif contenant de 20 à 40% de THC. 

  

LE HASCHICH (Hasch, H, shit)
 
Le haschich,  aussi connu sous l'appellation de hasch, shit, kif (en Afrique du Nord) ou charas (en Inde), est une résine visqueuse produite par la plante et obtenue par battage des feuilles et des sommités florales sèches qui est ensuite compressée pour obtenir  un cube ou un bloc.

Il faudra environ 45 à 75 kg de cannabis pour produire un kilo de haschich.  Il se présente sous forme de morceaux de couleur brun pâle à noir, de consistance molle ou dure.  Il est fréquemment fumé, seul ou mélangé au tabac ou à la marijuana, sous forme de cigarette (joint), à l'aide d'une pipe ou plus rarement sous forme de cigare.  Il peut aussi être inclus dans des biscuits ou des gâteaux. 

La teneur en
D9THC du haschich est généralement comprise entre 3 et 6 % lors d'une production normale.  De même que pour le cannabis, le contenu en D9THC sera augmenté par les méthodes de culture et par la concentration de résine, pour atteindre en production moyenne des teneurs de plus de 12 à 40%. Plus dispendieux que la marijuana, le haschich se vend environ 300 $ à 350 $ l'once sur le marché. 

 

HUILE DE HASCHICH 

Il existe deux autres produits issus du cannabis, les huiles de marijuana et de haschich.  Il s'agit d'un liquide visqueux et goudronneux,  vert foncé, marron ou noir,  obtenu  par percolation à partir du haschich purifié avec un solvant organique ou de l'alcool. Les huiles sont généralement plus concentrées en cannabinoïdes, pouvant atteindre des teneurs de 30 à 60 % en D9THC. 

Les huiles sont généralement déposées sur le papier à cigarettes ou ajoutées aux joints pour en augmenter la puissance. Les huiles sont plus rares et plus dispendieuses.

 

        EFFETS À COURT TERME DU CANNABIS

Les effets du cannabis ne dépendent pas seulement du mode de consommation, de la quantité ou du taux de THC consommée, mais aussi de la personnalité de l'individu qui en consomme, de son état d'esprit.  À la fois un psychostimulant et un psychodépresseur, les effets se rapprochent de ceux des hallucinogènes.   Fumé, les effets se font sentir en quelques minutes et durent de 2 à 4 heures.   Avalé, ses effets peuvent prendre plus de 30 minutes à se manifester, et persister de 3 à 8 heures. Chez un sujet à personnalité structurée, les effets d'un usage à faible dose restent circonscrits et les risques sont peu marqués tant sur le plan physique que psychique .

L'effet principal du THC est de modifier l'humeur, les sensations et le comportement. Les personnes peuvent se sentir plus relax, joyeuses, insouciantes; mais l'euphorie peut facilement se transformer en déprime et autres difficultés psychiques.

La marijuana augmente le rythme cardiaque, dilate les vaisseaux sanguins de la conjonctivite, causant une rougeur caractéristique des yeux. ATTENTION, la rougeur de la conjonctivite peut être associée à diverses situations comme la fatigue, la poussière, un manque de sommeil, et ne suffit pas à identifier un consommateur de THC.

La marijuana provoque peu d'hallucinations. La perception sensorielle semble accrue, les couleurs plus éclatantes, les sons plus distincts.

L'utilisateur a la bouche sèche, son appétit augmente.

Rythme cardiaque légèrement accéléré.

La perception du temps et de l'espace sont déformés. Certains consommateurs se replient sur eux-mêmes, ou ressentent de la peur, rient sans raison apparente, souffrent d'anxiété, de dépression.

       EFFETS À LONG TERME DU CANNABIS

Rappelant que les effets produits par le cannabis sont directement liés à la personnalité de l'individu, au contexte de la consommation, à la quantité absorbée et à la qualité du produit,  et retenant  que les effets  de l'accumulation de THC dans les tissus sont encore mal connus mais indéniables, les effets à long terme sont : 

En cas de consommation régulière et fréquente, la concentration, la capacité d'apprentissage, la mémoire à court terme, la capacité de conduire,  sont toutes fortement affectées, et  peuvent être perturbées encore pendant 24 heures après la consommation.

Les effets psychologiques comprennent des réactions de panique,  le syndrome amotivationnel (réduction de l'ambition et de la motivation).

La marijuana est nocive pour le système pulmonaire car elle emplie les poumons de trois fois plus de goudron et de cinq fois plus de monoxyde de carbone que la cigarette. Mais puisque l'utilisation de la marijuana est moins fréquente que celle de la cigarette, on ne compte pas ou peu de cancer causé directement par celle-ci.  

Les effets néfastes du cannabis apparaissent après plusieurs années de consommation. Le THC atteint particulièrement les tissus conjonctifs, les poumons, les organes sexuels et les neurones. 

Des dommages au système immunitaire et aux spermatozoïdes ont été décrits, mais les bases scientifiques ne sont pas suffisantes pour affirmer que cela se passe dans tous les cas. Malgré plusieurs études contradictoires, aucun effet significatif du THC contenu dans la marijuana, n'a été démontré sur la fertilité.

Avec une augmentation de la dose, les consommateurs font l'objet d'hallucinations, de paranoïa et ont des réactions de panique. Les symptômes s'aggravent chez les personnes souffrant de problèmes psychiatriques et plus particulièrement de schizophrénie.

      DÉPISTAGE 

Le cannabis est l'une des drogues qui reste le plus longtemps dans l'organisme car le THC, la  substance psychotrope contenue dans le cannabis est liposoluble, et a la particularité de se fixer dans les graisses et de se dissoudre ensuite très lentement. Compte tenu de l'élimination très lente du THC, la consommation périodique de cannabis à une semaine d'intervalle aboutit à une accumulation de la substance dans le système. À long terme, les conséquences pour la santé de ce stockage sont encore mal connues.

On estime que la demi-vie d'élimination du THC est d'environ 4 jours, ce qui signifie que après 96 heures, notre corps a éliminé la moitié de la quantité consommée et qu'il faut ensuite encore 4 jours pour éliminer la moitié de la moitié et ainsi de suite.

Dans le cadre d'un test urinaire, la durée de détection du THC dépendra de la fréquence de consommation. ainsi que de l'état de santé et du métabolisme individuel du consommateur. Chez un usager occasionnel,  la métabolite du cannabis pourra être détectée jusqu'à 2 semaines.  Chez le consommateur chronique (plusieurs joints par jour) la durée de dépistage du THC peut aller  de  30 jours à plus de deux mois après la dernière consommation.

Le dépistage urinaire positif ne signifie pas que la  substance psychotrope soit encore présente dans le sang, ni encore actif sur le système nerveux central (SNC).  Pour connaître l'évaluation du taux actif du psychotrope, un  test sanguin sera utilisé, par exemple suite à un accident, et pourra tester positif jusqu'à environ 10 heures, correspondant au délai d'activité de la substance psychotrope. 

 

       DÉPENDANCE - TOLÉRANCE -  SEVRAGE

Les consommateurs réguliers de cannabis peuvent développer une dépendance psychologique, la consommation de drogue devenant leur centre d'intérêt.  Leur seuil de tolérance augmente, nécessitant davantage de drogue pour obtenir les effets escomptés. Sur le plan physique, la dépendance demeure contestée malgré certains symptômes  liés au sevrage lors de l'arrêt de la consommation de cannabis :

L'angoisse;

La nervosité;

L'insomnie;

Des sueurs ainsi qu'une perte d'appétit.

 

     USAGE MÉDICAL

On mène actuellement des essais du THC et d'autres ingrédients du cannabis en vue  de l'utiliser éventuellement pour traiter le glaucome, l'asthme, l'épilepsie et la sclérose en plaques.

Certains médecins appuient son utilisation dans le traitement des patients atteints du sida en phase terminale. Pour l'instant, la seule utilisation médicale acceptée est le traitement des nausées et des vomissements que provoque la chimiothérapie. Commercialisée sous le nom de Marinol® (dronabinol), le THC sert à traiter les nausées et les vomissements causés par la chimiothérapie. Le Cesamet® (nabilone), composé semblable produit de façon synthétique, est utilisé aux mêmes fins.



Article ajouté le 2008-08-24 , consulté 192 fois

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